Une belle promenade au Pays de la chicorée            (publié sur Nord Littoral)

     Hier après-midi, une soixantaine de personnes ont découvert le Pays de la chicorée, lors d’un circuit au départ de Nouvelle-Église.

     Cette promenade a été pilotée par Jean-Marie Butez, président du Comité de promotion économique et touristique intercommunal (Cpéti), et commentée par Cathy Denudt du Cpéti et d’anciens sécheurs de chicorée, agriculteurs et professionnels en activité. Le car a pris la route de l’unité de séchage de Vieille-Église où Pierre André, son directeur, a raconté la chicorée d’aujourd’hui. Puis ils ont visité la sécherie Delplace, la seule sécherie réhabilitée de France. Les bénévoles, qui ont vécu l’époque de la chicorée, ont raconté comment fonctionnait cette structure, mais aussi pourquoi les Belges y travaillaient, car c’est eux qui ont apporté leur savoir-faire.

     Après la culture et le séchage, l’étape suivante a concerné la torréfaction. Vincent Lutun, de la Chicorée du Nord, et sa famille ont fait découvrir leur usine d’Oye-Plage. On y produit beaucoup de chicorée, et 60 % de cette production part aux quatre coins du monde. La famille Lutun décline cette chicorée dans la cuisine sous différentes formes. La chicorée semble avoir un bel avenir devant elle et fait vivre plus de 200 agriculteurs de la région. Tout le monde a repris la route en direction de l’écopôle alimentaire de Vieille-Église pour y déguster un café-chicorée gourmand.

 


Fête de la chicorée : Lutun,  le dernier industriel       

Agnès Lutun travaille dans l’entreprise avec son père Vincent (directeur), son frère, son cousin et sa mère.

 

     A oye-plage, l’entreprise, présente depuis 1934, est dirigée par la 4e génération de Lutun.

     Le site n’a pas changé depuis 83 ans, la méthode de production s’est modernisée, mais l’entreprise Lutun se concentre depuis 1985 sur son métier de torréfacteur. « On travaille environ 1 400 tonnes de matière première chaque année, signale Agnès Lutun, qui travaille dans l’entreprise avec son père Vincent (directeur), son frère, son cousin et sa mère. Je suis de la 4e génération à valoriser la racine. Ça s’est construit tout seul. Par exemple, mon frère avait une formation dans l’aviation civile avant d’être ici ».


Cinq membres de la famille dans l’entreprise
     Le travail de l’entreprise consiste principalement à transformer les cossettes en grains de diverses tailles pour divers usages : produits alimentaires, colorants, arômes, etc. « On exporte à 50 % notre produit, et l’autre moitié va surtout pour la grande distribution en France » , poursuit-elle. En tout, neuf personnes travaillent dans l’entreprise, dont cinq de la famille fondatrice. Deux personnes sont dédiées à la torréfaction, un poste qui requiert beaucoup de maîtrise. « On travaille pour une soixantaine de clients, dont des artisans régionaux. Et nous sommes certifiés bio ! » , dit fièrement Agnès Lutun.

« C’est un produit végétal, sain, local, et qui peut être utilisé du matin au soir »
      L’entreprise vend toujours des produits à son nom, dont les best-sellers restent la chicorée en grains et en format liquide. « C’est vraiment l’épice de la région, on la vend dans toute la France. Notre clientèle est plutôt senior, c’est pour cela que l’on développe la version liquide pour la partie plus culinaire. On essaie d’étoffer notre gamme » . En gaufres, terrines, cassonade, pâtés, en infusion, la chicorée peut se goûter sous de nombreuses formes. « C’est un produit végétal, sain, local, et qui peut être utilisé du matin au soir. J’engage tout le monde à le découvrir » termine Agnès Lutun, qui sera évidemment présente ce dimanche à Saint-Folquin. « C’est notre seul salon en tant qu’exposant. Il est très important pour nous de prendre part à la dynamique territoriale, d’autant que nous sommes le dernier torréfacteur artisanal. »

     Chicorée du Nord Lutun, 493 Route de l’Étoile, Oye-Plage. Le magasin d’usine est ouvert tous les jours de la semaine

par François Delencre