La sécherie de Vieille-Église, objectif musée d’ici cinq ans 
      (publié sur La Voix du Nord)

     Ce samedi et encore plus dimanche, la dizaine de guides bénévoles que compte l’association Des racines et des hommes sera sur le pont pour partager sa passion pour la sécherie de la rue Coupe-Vent. L’occasion de faire le point sur les travaux de rénovation et le projet de musée de ce site patrimonial.

     «  Vous sentez ?  » Dans l’air, une forte odeur de chicorée. Elle vient de la sécherie Leroux, dont la mise en service avait signé la mort de nombreuses sécheries artisanales, dont celle de la rue Coupe-Vent, désormais propriété de la commune et que fait vivre l’association Des racines et des hommes. «  Bienvenue dans la maison des courants d’air !  », lance Jean-Marie Courbet, adjoint au maire chargé des travaux, et membre de l’association, qui sera intronisé dimanche membre de la Confrérie de la chicorée.
 

     Et de fait, ici, pas de vitrages, pas même d’électricité. La première phase de travaux remonte à 2013. La toiture et les briques extérieures avaient été refaites. À l’intérieur, la charpente est toute neuve, et des éléments de patrimoine ont été rénovés, comme la chaîne à godets qui permettait de transporter les cossettes de chicorée – morceaux de racines découpées – du bas (avant leur transformation) vers le haut (les platines, sortes de grilles métalliques qui servaient sur trois niveaux au séchage).

SECHERIE VIEILLE-EGLISE

     Et depuis, plus de gros œuvre. Il reste pourtant beaucoup à faire  : remettre en état le hangar attenant, qui servait de magasin pour stocker les cossettes, et la maison du Belge, en référence aux saisonniers qui venaient travailler à la sécherie. «  C’est en projet, ça va se faire, mais pour le moment, on n’a pas de date  », précise Michèle Hermant, présidente de l’association, qui se donne cinq ans pour aboutir à un musée. «  Dès qu’on aura le hangar, on pourra l’envisager car on aura de l’espace.  » Dans l’immédiat, elle aimerait un lieu d’accueil provisoire avec des sanitaires.

     Car l’association continue d’avancer. Il y a eu l’exposition sur la chicorée, visible au 3e étage ; il y a les visites guidées mensuelles. Il y a surtout la collecte d’objets liés à la culture de la chicorée. L’asso a ainsi récupéré la collection d’outils d’Yves Vergoten, un passionné de la commune, après son décès il y a deux ans ; des objets de Jeanne-Marie Carpentier, une défunte d’Oye-Plage et des films sur la culture de la chicorée, don d’une femme de la région parisienne originaire d’ici. «  Pour l’instant, on voit comment on peut faire l’inventaire de tout ce qu’on a et comment installer tout ça !  ». Les visiteurs pourront en avoir un aperçu ce week-end.

      Visites de la sécherie ce dimanche de 10 h à 18 h, avec maquette de la sécherie et jeux en bois sous chapiteau. Gratuit.

Pratique

     Ce vendredi à 19 h et ce samedi à 16 h. Rendez-vous à la salle des fêtes de Vieille-Église. Départ toutes les vingt minutes. Durée 2 heures. Tarifs : adultes 8 €, enfants de 6 à 12 ans : 3 € (gratuit à partir du 3e enfant), gratuit pour les moins de 6 ans. Vente des billets le jour-même dans la limite des places disponibles.

La Fête de la chicorée, c’est aussi

     Le petit musée éphémère et mémoires du potager à Nouvelle-Église. Visite guidée de la sécherie, exposition et atelier peinture à la chicorée à Vieille-Église. Salon gourmand à Saint-Folquin avec cérémonie d’intronisation, dédicaces, librairie gourmande, dégustation et vente de produits à la chicorée, ateliers cuisine... Tout est gratuit, sauf les ateliers cuisine (15 euros l’un, 40 euros les 3 sur inscription au CPETI, 03 21 00 83 83)

Par Isabelle Hodey