VIEILLE-ÉGLISE : Chez Leroux, une campagne de la chicorée 2017 satisfaisante
(publié sur La Voix du Nord)

     Pierre André dirige la sécherie de Leroux SA, qui tourne à plein régime depuis un mois pour la campagne 2017 de la chicorée. Une campagne satisfaisante, malgré les craintes du printemps. Interview.

–  Avec combien d’exploitants travaillez-vous pour cette campagne de la chicorée ?

« Nous travaillons avec environ 185 agriculteurs du Calaisis, de la Flandre maritime jusqu’à Wormhout, mais aussi avec Abbeville et Orchies. C’est nous qui allons chercher les racines de chicorée en bout de champ avec nos grues, comme pour la betterave. La campagne a commencé début octobre. On doit terminer autour du 25 novembre. Aujourd’hui, nous sommes à 60 % de la campagne. »

– Et jugez-vous les résultats satisfaisants ?

« C’est une saison plutôt satisfaisante. Avec un printemps très sec, puis froid, puis la canicule, on s’attendait à un déficit au niveau de notre culture : on craignait de ne pas avoir le tonnage escompté d’après les contrats avec nos agriculteurs. Le marché de la chicorée n’est pas un marché libre, nous sommes en production sur contrat. Nous avons été agréablement surpris : juillet, août et septembre ont été favorables avec une belle humidité et des températures. Ça a bien compensé et les tonnages attendus rentrent bien à l’usine. »

– C’est-à-dire ? À combien s’élève ce tonnage ?

« On attendait 45 000 tonnes et on les aura. C’est un peu plus que l’an dernier. Le critère, ce sont les besoins de torréfaction de l’usine d’Orchies. Ce sont les besoins de torréfaction qui déterminent ce que l’on doit produire. La campagne 2017 couvre l’ensemble des besoins de 2018, et la campagne de 2016 couvre les besoins de 2017. »

– Quel est le processus de production à la sécherie ?

« La première opération est le nettoyage, car les racines arrivent des champs, elles sont couvertes de terre. Puis, nous les découpons en lamelles. Ces cossettes sont ensuite enfournées dans de grands fours cylindriques qui leur enlèvent 80 % de l’humidité. Nous avons six fours. Quand le séchage est terminé, on procède à l’ensilage dans un magasin de stockage. Le reste du process est fait à Orchies : c’est la torréfaction, qui donne le produit fini pour le consommateur. Il y a quotidiennement des livraisons à Orchies, toute l’année. »

– Envisagez-vous d’augmenter le tonnage à l’avenir ?

« On espère toujours accroître notre capacité. C’est un peu tôt pour le dire. Les perspectives pour la campagne 2018 seront annoncées aux agriculteurs lors de l’assemblée générale des planteurs, à la mi-décembre à Saint-Folquin. »

   

En chiffres

 

6

Comme le nombre de personnes travaillant à la sécherie en permanence à l’année.

50

Pendant la saison de récolte, la sécherie rajoute 50 personnes, qui se relaient : l’usine tourne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. La campagne dure deux mois.

45 000

En tonnes, la quantité de chicorée récoltée.

Par Isabelle Hodey