Vieille-Église : Un homme condamné pour avoir harcelé et frappé son ex-compagne
     (publié sur La Voix du Nord)

     Plus de deux cents appels en un mois et demi, des SMS, des menaces, et une gifle assénée alors que le couple se séparait. Mardi 7 novembre, le tribunal correctionnel de Saint-Omer a condamné un homme à six mois de prison avec sursis pour avoir harcelé et frappé son ex-compagne. Il a désormais l’interdiction de s’approcher de son domicile.

     L’avocate de la partie civile décrit une femme fatiguée du comportement de son ex-compagnon, qui «  achète sa tranquillité  » en continuant à entretenir des liens avec lui. «  Elle est dans un état psychologique fragile. Aujourd’hui, elle pleure encore  », expliquera-t-elle, mardi 7 novembre, au tribunal correctionnel de Saint-Omer.
 

Des faits de violences conjugales

     Le 12 juillet 2017, alors que le couple est sur le point de se séparer, le prévenu, alcoolisé, assène une gifle à sa compagne. Des faits qui se seraient déjà produits en 2012, alors que le couple se séparait une première fois, et en 2016, alors que la plaignante était enceinte. «  J’avoue que j’ai des excès de violence, mais jamais sur elle, réfute le prévenu à l’audience. J’ai subi des pressions, j’ai dit ça à la gendarmerie pour pouvoir sortir.  » Un «  revirement de position à 180 degrés  » que regrette l’avocate de la partie civile, qui relève que l’individu a déjà été condamné pour des faits similaires.

« La frontière est mince entre le harcèlement et une tentative maladroite de reconquête. »

     Du côté de la défense, on dénonce une situation ambiguë, après douze ans de concubinage. En août, alors que la rupture a eu lieu, le couple part en vacances pour tenter de se réconcilier. «  La frontière est mince entre le harcèlement et une tentative maladroite de reconquête.  » Un lien que le prévenu veut faire perdurer, notamment parce que le couple a un petit garçon de quinze mois. «  Dès qu’il y a un enfant, on ne peut pas couper les liens du jour au lendemain  », concédera le procureur. En un mois et demi, le prévenu appelle plus de deux cents fois son ex-compagne. «  C’est à cause de mon fils, elle ne me le donne pas.  » Il lui envoie des textos menaçants, lui écrit qu’il va se suicider.

Un dossier « à charge »

     «  L’échange était visiblement consenti, insiste l’avocate de la défense, en arguant que l’ex-compagne du prévenu continuait à lui répondre. C’est un dossier qui ne me convainc pas. Il est bancal et à charge. Monsieur n’est pas un saint mais on ne peut pas tout lui mettre sur le dos.  » Le procureur, qui reproche au prévenu de se faire passer pour la victime, requiert quatre mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de dix-huit mois, d’une obligation de soins et d’une interdiction d’entrer en contact avec son ex-compagne.

     Pour le tribunal, le prévenu est coupable. Il est condamné à six mois de prison avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de dix-huit mois avec obligation de soins et de travail. L’individu a désormais l’interdiction de s’approcher du domicile de la victime. Il devra également lui verser 500 € au titre du préjudice moral.

Par Marine Fritsch